Archive des articles "Ma photo préférée"

La règle du jeu : un(e) photographe de métier nous présente parmi toutes ses créations celle qui a sa préférence.
Et il (elle) nous explique pourquoi c'est celle-ci plutôt qu'une autre.

Sommaire
Rue de la Ré

Le photographe de ce numéro si spécial, je l'ai découvert au travers de son portfolio pour Le Monde Magazine "Portraits d'une France en mouvement".
Du 1er au 31 janvier 2010, Gilles Favier a parcouru le pays au plus près de sa réalité sociale. Un périple atypique qui révèle, au fil des rencontres, la formidable vitalité des régions.

Un carnet de route plein de sensibilité et de générosité.

J'étais presque sûre que Gilles accepterait de participer et aurait même dans ses cartons la photo que je cherchais.
Plutôt que de lui demander sa photo préférée (Gilles m’a avoué ne pas en avoir. Pour lui elles s’annulent toutes au fur et à mesure), je lui ai demandé une photo de SDF. Gilles a accepté tout de suite mon invitation : Il en avait une faite pendant son Tour de France. Cela avait été parait-il une jolie rencontre.

Numéro 11 Été 2010

Rime croisée

Avec Thami Benkirane la rencontre ne s'est faite que par échange de mails. Mais il y en a eu plusieurs et cela a toujours été un plaisir de lire au bas du mail des phrases du style "À très bientôt et que la Lumière, chère aux photographes, baigne vos pas et la prunelle de votre cœur" ou "Bonne après-midi lumineuse !" 

J'ai découvert le travail de Thami au travers de ses blogs (il en a plusieurs !!!) et j'ai adoré la richesse des couleurs et des techniques expérimentées, la sensibilité de l'approche et l'empathie avec les sujets notamment. J'ai même fait une liste à Thami des photos que j'avais repérées et que j'aimais plus particulièrement. Pour l'une d'entre elles qui n'était pas affichée,  je n'ai lu que le titre mais je me suis dit que cela pourrait être "La" photo pour les Mots des anges : "Tête à Tête avec l'ange". Thami me répondit :"Au départ, elle faisait partie d'une série exposée dans le cadre de la biennale de Bamako (2003) consacrée à la thématique Rites sacrés, rites profanes. Elle est dans mes archives. Et il va falloir que je la cherche pour mettre la main et les yeux dessus !
Quelques mails plus tard, voilà ce qui fut décidé..... 

Numéro 10 Hiver 2010

Le Chef Yves Camdeborde, portrait

Pour une fois, la démarche est venue du photographe. C'est Gérard Cambon qui m'a contactée et proposé sa photo. J'ai eu envie de le rencontrer dès que j'ai vu la photo. Elle est d'une telle force ! Et si l'on connait un peu l'univers de la cuisine, d'une telle évidence !

En fait, Gérard n'a pas une mais deux photos préférées. il va tout nous expliquer.

Numéro 9 Automne 2009

L’inconnue de la gare d’Alexandrie

Pour Jacques Vekemans, j'ai envie de vous expliquer comment le choix de la photo préférée s'est fait. Quand j'ai répondu à sa question  " De quoi les anges ont-ils besoin?" j'ai eu un retour instantané : "Alors, pour moi, ce choix est très facile. Je fais une photo "amoureuse" tous les dix ans. Je veux dire 1 seule.
Le hasard a voulu que pour les deux dernières, cela se passe dans une gare. Mais est-ce le hasard si on aime le train comme espace imaginaire?".


Jacques m'a envoyé celles d'Hyderabad et d'Alexandrie. J'ai choisi celle d'Alexandrie. Il va nous expliquer son histoire.

Numéro 8 Printemps 2009

The Bhutan monk

Susan Moriguchi, mon amie New-Yorkaise que j'ai connue au Japon dans un atelier de bijouterie où nous allions une fois par semaine, a choisi vite. Une photo prise un jour important pour les américains et dans un lieu magique et peu connu encore, le Bhutan. Une photo prise après plusieurs heures de quête et d'efforts. Et pourtant on ne ressent que la grâce et la sérénité.Et l'immensité de la nature.

Numéro 7 Hiver 2009

Errances 01

Marie a choisi une photo prise il y a deux ans dans le désert du Wadi Rum en Jordanie. Une photo prise vite, en fin de journée car le soleil se couche si rapidement dans ce désert. Avec un campement bédouin au loin.

Numéro 6 Printemps-Été 2008

348 - Rien n'est parfait

GIlbert Garcin m'a dit qu'il n'avait pas de photo préférée. Qu'il ne souhaitait pas non plus faire de commentaires ni d'interviews. Comme je tenais absolument à vous faire découvrir le personnage et son travail j'ai décidé exceptionnellement de ne pas suivre la règle.

Nous avons décidé que la photo choisie serait la dernière. Parce qu'elle est la dernière. Je vous invite à découvrir les 347 précédentes (www.gilbert-garcin.com)

Numéro 5 Hiver 2008

"Sans titre"

Laurent Audinet a longtemps hésité pour finalement me donner une photo très personnelle.

 

 

Numéro 4 Automne 2007

Bribes

Nabil Boutros a choisi une photo qu'il a prise en 2001.

Numéro 3 Été 2007

"Crépuscule arctique" de Daniel Ponsard

À Daniel, j'ai demandé de choisir sa photo préférée parmi celles qu'il a prises lors de son expédition chez les Inuits dans le Grand Nord en 2006.

Numéro 2 Printemps 2007

"M_K" de Sabine Harti

Merci à Sabine Hartl pour s'être prétée la première à cet exercice.

Numéro 1 Hiver 2006

Ma photo préférée
Rue de la Ré

 
 
 

 
 
 

« Je l'ai rencontré rue de la République à Marseille... C'était le début de mon voyage, le 3 janvier je crois....

La rue de la Ré comme on dit là-bas, réunit les deux ports de Marseille, la Joliette et le vieux port. Elle est déserte depuis qu'un fonds de pension américain s'est mis en tête de la racheter en entier et d'y installer des cadres sup venus de Paris en TGV... Les cadres se font attendre et le fonds de pension a fait faillite : la rue est quasi morte...

Notre ami attend sur son morceau de trottoir qu'on lui porte un brin d'attention... L'argent l'intèresse peu ... Il me dit qu'il est malade... Une béquille traîne pas loin... Il fait froid. Une commerçante, une des dernières de cette rue étrange, lui amène un gros sandwich.

Pas loin un graf sur le mur. Je le photographie aussi : " t'en es où sur ton crédit ? "
 
 

 
 

Gilles Favier

 

Gilles Favier, né en 1955 à Roanne (Loire), vit à Sète (Hérault).
Membre de l'Agence VU, il mène, parallèlement à son travail pour la presse (Le Monde, Libération...), des projets personnels pour lesquels il revendique une fonction de photographe documentaire. Il a notamment publié Fabriques de l'Europe (éditions Filigranes, 2008).

Pour en savoir plus :
http://www.agencevu.com/photographers/photographer.php?id=37

Ma photo préférée
Rime croisée

 

 

 

 

 

 

Je me suis alors souvenue que la règle du jeu de cette rubrique c'est le photographe qui choisit et qui explique son choix. Thami : " Comme vous me laissez les coudées franches, ça va être difficile d'effectuer un choix. En fait, il va falloir que je choisisse subjectivement la meilleure photo dans une série donnée. Après une nouvelle virée dans le désert,  j'ai opté pour une image qui fait partie de la série des billes".


La série avec les billes est au départ une histoire de cuisine.

"En fait, nous étions tout un groupe d'amis cosmopolite (français, norvégiens, japonais et marocains) venus passer le réveillon dans le désert. Le matin en question, ils sont tous partis marcher dans les dunes et monter sur la plus haute. J'étais resté tout seul à l'auberge avec la charge de préparer un couscous pour le déjeuner.
La cuisine se faisait dans une pièce avec une fenêtre en fer forgé qui donnait directement sur le paysage dunaire. Tout en surveillant la cuisson des aliments, j'ai sorti trois billes de ma poche, les ai calées dans le fer forgé de la fenêtre et attendu que quelque chose se passe. Là, il y a des personnes qui sont passées et qui se sont tout naturellement incrustées dans les 3 billes !"

Depuis Thami s'amuse avec ses billes. Il essaye d'intervenir sur le paysage, ce qui  correspond à une démarche résolument inscrite aux antipodes de la photographie réaliste ou documentaire.

La préférée de la série s'appelle "Rime croisée" car la bille transparente a la propriété d'inverser le monde que nous voyons. Du coup, dans cette image, nous avons de haut en bas, le ciel bleu, le jaune de la dune inscrit dans le haut de la bille, ensuite le bleu du ciel et enfin le sable jaune...ça fonctionne comme une rime croisée abab.


Elle a été faite dans le désert du sud-est marocain dans les dunes de l'erg Chebbi. Thami y va depuis seize ans, à dates fixes et sur les mêmes lieux pour exacerber le regard et observer dans la durée un sujet, un objet ou un fragment quelconque du monde sensible afin d'en donner une image qui représente la métaphore décantée de son essence.
La photo a été prise loin de toute oasis et exactement à la limite qui sépare erg et reg (d'où la présence de ces petits rochers d'origine volcanique qui font office de support). Sa date de réalisation est située dans la dernière semaine de décembre. Vu la lumière abondante qui la baigne, elle a été prise le matin sur les coups de 9 heures.

 

Cette photo a été primée "meilleure photo paysage" au salon national photo du Maroc.

 

 

 

Thami Benkirane

Thami Benkirane est né un 21 décembre à Fès au Maroc. Après l’obtention du baccalauréat en 1973, il a poursuivi des études supérieures à l’université de Provence, à Aix-en-Provence. Son initiation à la photographie s’est faite dans le cadre du photo club de cette université (prise de vue, technique photo, laboratoire noir et blanc, etc).

De retour au Maroc, nommé professeur à la faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Fès où il enseigne la phonétique, la phonologie et la photographie, Thami a entamé son premier travail photographique en 1984 sur le graffiti végétal. Cela a donné lieu à un ensemble d'expositions au Maroc et à l'étranger.

Par ailleurs, il développe depuis une douzaine d'années un autre travail sur le désert qui s'apparente davantage au Land Art. Ses photographies procèdent de l'expérimentation et ne s'inscrivent nullement dans une démarche documentaire. Cela dit, il lui arrive - éclectisme oblige - de couvrir un sujet dans la pure tradition du reportage.

Pour en savoir plus sur l'univers photographique de Thami Benkirane :

http://benkiranet.aminus3.com/archive/

Ma photo préférée
Le Chef Yves Camdeborde, portrait

 
 
 

 

 
Cette histoire c'est au départ un livre : "Bistrots de Chefs à Paris".
Gérard Cambon était chargé des photos : pour chaque bistrot, le portait du Chef et une photo de sa salle et d'un plat dont il livre la recette.

Pour Gérard la rencontre de cet univers et surtout de ces hommes a été une véritable révélation :

"...J’ai une grande admiration pour les chefs cuisiniers que je considère comme des artistes. Leur quotidien est harassant, leurs horaires dignes d’une autre époque. Leur travail est au croisement de deux quêtes : une maîtrise technique irréprochable et une créativité de génie. Dans l’art, ce qui correspond pour moi le mieux à ce mélange de créativité et de maîtrise est à mon avis la peinture flamande du XVIIème siècle. Rembrandt, en particulier, m’a inspiré pour réaliser cette série de portraits. Souvent Rabelaisiens, les chefs sont parfois irascibles et toujours préoccupés par un intérêt supérieur : les sens. Pour moi ce sont des hommes d’exception dépositaires d’un savoir à la fois commun et secret. Chamanes d’une ère où les cultures s’influencent, ils font vivre notre patrimoine culturel au prix d’un engagement personnel considérable..."

Pour la prise de vue avec Yves Camdebode, Gérard a dû l'attendre trois heures et faire la photo en 5 mn. Mais avec un tel modèle, cela a suffi.

Et cette photo se distingue dans la série de portraits. Elle s'impose car il en impose.

Gérard aime le portrait. Parce qu'on est en prise avec l'Autre. Dans chaque rencontre il y a des éléments qui se font au-delà du langage. Qui passent dans une gestuelle, un niveau de tension, d'attention. Gérard pense que sa photo est réussie quand il y retrouve l'émotion qu'il a eue dans la rencontre.

Pour la deuxième photo préférée, il faut remonter à plus longtemps. Gérard est encore un môme. L'anecdocte est savoureuse :

"...J'ai rencontré la photographie à l'âge de 12 ans. J'ai tout de suite énormément aimé cet outil. J'ai réalisé à cette époque une photo à laquelle j'ai souvent repensé par la suite.
Désireux d'en faire mon métier je suis allé voir le photogaphe du village d'à côté qui m'a dit "Mon pauvre ! des photographes, dans 20 ans il n'y en aura plus…". Alors j'ai décidé de passer mon bac. Plus tard j'ai fait une école de fromagerie puis de commerce. Une fois plongé dans le monde du travail j'ai ressenti le besoin de devenir photographe professionnel.
J'ai ressorti l'hiver dernier cette photo des cartons et comme je l'aimais bien j'en ai fait ma carte de vœux. Ce qui m'a frappé, en la revoyant, c'est de voir la solidité de la composition et puis le souvenir d'avoir VU l'image, d'être allé chercher l'appareil et avoir cadré dans un élan instinctif et pur de toute hésitation..."

 

 

 

 

 

 

 

Gérard Cambon

Photographe indépendant depuis 10 ans, Gérard Cambon axe son travail sur le portrait. Il est aujourd’hui plus proche de l’univers de la haute gastronomie et tire régulièrement le portrait de célébrités ou de grands chefs pour les revues Gault Millau, Figures, Le Chef, et les Éditions Déclic ou les Agences Opale et Sipa Press.
Passionné d’histoire, il a eu l’idée d’aller à la rencontre des Républicains espagnols. Après 60 ans de silence et d’oubli, Il a voulu retrouver et regarder avec respect et sans complaisance ces hommes et ces femmes qui avaient rêvé d’un monde sans dictature et que l’on a enfermés dans des camps en France.
Ce travail sur le portrait a donné lieu à une exposition incroyable « Portraits de la Retirada » au camp de concentration de Rivesaltes en septembre 2007. L’exposition est devenue depuis itinérante.

 


Pour en savoir plus sur Gérard Cambon, www.gerardcambon.net

 

Ma photo préférée
L’inconnue de la gare d’Alexandrie

 
 
 
 
 
 
 
 
 
Alexandrie, février 2008, début d’après-midi, il fait déjà chaud au dehors et la gare est un refuge vaste et apaisant. Depuis mon arrivée pour ce premier voyage en Egypte, je vois tout en bleu.
En attendant mon train, la quiétude du lieu me convient et me rend disponible. Les quais sont déserts et le mouvement des arrivées semble ralenti.
Et puis, de loin, cette femme qui prend la direction du quai central. Cette vibration rouge sang et la liberté qu’incarne son déplacement solitaire. J’entrevois une rencontre.
J’accours et pendant que je presse le pas, évalue les distances, règle manuellement la vitesse et l’ouverture de mon angulaire, m’obsède à courir sans en avoir l’air, imagine à tout instant qu’elle va se retourner pour me tancer. Dans un mélange d’excitation et de crainte, je me concentre sur la discrétion de mon rapprochement et décide, la respiration bloquée, de déclencher sans cadrer, l’appareil collé au ventre.
 
 
 
 

Jacques Edouard Vekemans

44 ans, belge, né à Bruxelles et établi à Paris depuis 12 ans.
Photographe spécialisé dans la commande de reportages d’illustration sur les métiers et les savoir-faire, l’architecture, la décoration et l’identité des organisations.
Représenté par l’agence Gamma. Ses références : LVMH, Hermès, Tag Heuer, Renault, la mairie de Paris, l’hôtellerie de luxe.
Travaux personnels  en cours : « La Serre », travail sur la culture des roses en île de France,
« Aravind », travail documentaire multimédia sur le plus grand hôpital ophtalmologique du monde dans le sud de l’Inde.

Ma photo préférée
The Bhutan monk

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Nov 5th, 2008. The day after our presidential election in the U.S. and I'm as far away as possible from the elation, relief and celebrations going on back home. I'm in the Buddhist kingdom of Bhutan on the second day of a three-day trek to a sacred lake at 4,000 meters, traveling with my Bhutanese friend, three Buddhist monks and a Scottish man who turned sixty years old that day. I caught one of the monks after five hours of hiking, at the edge of the sacred lake, after he did prostrations towards the lake and the extreme fog quickly cleared just enough to see the meeting line of where the lake and rocks met. It's snowing and slushy. We dropped paper money into the lake and said a prayer.
 
 
 
 
 

Susan Moriguchi

Susan Moriguchi is a design director in Manhattan and calls New York her home. Observing other peoples and cultures through travel gives her inspiration.

Ma photo préférée
Errances 01

 

 

 

 

 

 

Dans la série Errances, Marie hésitait entre celle du campement au loin et celle de la tente bleue, un endroit maintenant abandonné mais fabriqué avec la poésie innée des bédouins.
Ce qu'aime Marie dans ces photos c'est ce côté calme, poétique, inébranlable et intemporel qui contraste tellement avec beaucoup de nos vies de tous les jours à New York, Paris, etc.

Celle du campement au loin a été prise du haut d'une montagne face à un campement bédouin aménagé pour accueillir des touristes.

"La caravane de chameaux ressemble à une colonne de fourmis et c'est ce qui m'a plu. Encore une fois cette notion de l'immensité et de relativité de l'être humain dans tout ça..."

Enfin, pour les plus curieux, quelques lignes sur Wadi Rum :

"Wadi Rum is one of the most stunning desertscape epitomizing the romance of the desert. Lying 300 km southwest of Amman, between Petra and Aqaba, its uniquely shaped massive mountains eroded by the wind rise vertically out of the pink desert sand, which separate one dark mass from another in a magnificent desert scenery of strange breathtaking beauty, with towering cliffs of weathered stone.
Wadi Rum is also best known because of its connection with the enigmatic British officer T.E. Lawrence (based here during the Great Arab Revolt of 1917-18) and as the setting for the film that carried his name "Lawrence of Arabia".

 

 

Marie Sauvaitre

Marie Sauvaitre is a French photographer, now residing in NYC.
She obtained her MFA Photography from the NY School of Visual Arts in 2005.
Her fine art work has been shown in various galleries in New York City, New York State, California and Jordan

Ma photo préférée
348 - Rien n'est parfait

 
 
 
 
 
 
 
Extrait de l'article "On n"est pas sérieux à 77 ans" de Luc Debesnoit (Télérama n° 2950 du 26 juillet 2006)
 
 
 
A Marseille, Gilbert Garcin tenait une boutique de luminaires ; désormais, il exprime sa part sombre et traque l'absurde condition humaine dans de drôles de mises en scène. Succès mondial !
.... Jusqu'à l'heure de la retraite, c'était un homme discret. Alors en découvrant ses premières photographies il y a une douzaine d'années ses proches, y compris sa femme Monique, eurent quelque peine à cacher, tout d'abord, de l'étonnement.
Gilbert Garcin ne les avait pas préparés à une telle métamorphose. Monique qui n'a accepté que récemment de figurer sur certaines de ses photos le trouve un peu trop occupé par sa photographie : depuis douze ans, Gilbert Garcin y consacre tout son temps, tout ses après-midi à confectionner ses maquettes, ses mises en scène et l'intégralité de ses soirées à répondre aux e-mails des visiteurs de son site.....
Ses photos sont désormais exposées et vendues dans les festivals et galeries du monde entier.....
 
 
 
 
Extrait d'un texte de Armelle Canitrot (sur le site www.gilbert-garcin.com)

Bricoleur et illusionniste, ce cousin de Tati, peu à peu, élabore, par ses créations une sorte d'autobiographie fictive, mais aussi une philosophie de la comédie humaine.

"En soixante-dix ans, on a amassé dix mille souvenirs, on a une sorte de grenier dans la tête. Des choses empilées qui finissent par resurgir " explique le photographe Gilbert Garcin qui semble bien décidé à profiter de sa retraite pour faire le ménage dans son propre grenier...
Débris rescapés du Meccano de son fils, bouts de ficelles et petits cailloux, armé de colle de ciseaux et de son appareil photo, il bricole de minuscules maquettes, pour lesquelles il bidouille des éclairages "pour faire vrai" et photographie ainsi, jour après jour, les différents actes de son petit théâtre intérieur. Jouant avec ses autoportraits, et clonant sans complexe sa silhouette de "Monsieur Tout-le-Monde" il se met ensuite en scène dans des situations les plus surréalistes; Le voici donc tout a tour Sisyphe poussant son énorme pierre, ou pauvre hère derrière une pendule à Courir après le temps, L'égoïste jouant à saute-mouton avec lui même à perte de vue, ou Le Paon faisant la roue avec sa propre effigie.
"Nous sommes tous plus ou moins en représentation, n'est-ce-pas" commente, d'un ton malicieux le délicieux bonhomme qui manipule allègrement avec un zeste de naïveté, un goût appuyé pour le surréalisme et un sens hitchockien de sa propre mise en scène. "Je prends des notes, j'accumule, puis je laisse un peu reposer, puis je décide quel tableau je réalise", commente-t-il en sortant de ses poches, bourrées de petits papiers, les croquis de ses futures compositions. "Il ne faut pas qu'il y ait un trop grand écart entre ce que j'imagine et l'image définitive. Mais, maintenant que j'ai plus d'expérience, je me trompe moins !"
Le virus du bricolage, associé à l'art de la photographie, ce Marseillais de souche l'a attrapé au cours d'un stage à Arles dans les années 80, avec le photographe Pascal Dolemieux, maître illusionniste lui-même, qui l'initia aux charmes secrets des paysages microscopiques avec deux clous, trois allumettes et quelques morceaux de sucre.
Depuis, ce vague cousin de Tati, ce fils spirituel de Magritte, fabrique avec humour et une pointe d'intranquillité des tableaux parodiques, n'hésitant pas à se moquer de lui-même et de nous tous, par la même occasion. Ne pas tourner en rond, Connaître ses limites Etre maître de soi. Faisant des maximes ses choux gras, de fil en aiguille Gilbert Garcin élabore non seulement une sorte d'autobiographie fictive, mais aussi toute une philosophie de la comédie humaine.

 
 

Gilbert Garcin

Gilbert Garcin, retraité et photographe pince-sans-rire est né à La Ciotat en 1929
Il vit et travaille à Marseille.

www.gilbert-garcin.com

 

Ma photo préférée
"Sans titre"

 
 
 
 

 

 

Cette photo en noir et blanc a été prise dans un café lors d'un week-end à deux dans une petite ville de Normandie dont Laurent a oublié le nom. C'était une petite ville de bord de mer en hiver.

 

Cette photo fait partie de ce qu'il appelle son "petit journal intime". Dans ce journal les photos n'ont pas de liens particuliers entre elles, mais elles ont toutes une signification particulière.

Choisir sa photo préférée est un excercice difficile, parait-il. Il a choisi celle-ci par ce qu'en cherchant il s'est replongé dans ses souvenirs et a décidé de choisir un état d'âme plutôt qu'une photo.
Cette photo-ci est de facture assez classique, plus émotionnelle qu'esthétique.

Pour Laurent la photo est une mémoire qui capte et garde des moments. Et elle permet à d'autres d'y projetter leur propre histoire.

 

 

 

Laurent Audinet

Laurent vient d'avoir 40 ans. Après une école de cinéma il découvre la photo par nécessité en faisant des photos de mariage. Il décide de faire les Gobelins puis apprend le métier en agence. Free-lance depuis trois ans, il mène en parallèle son travail de photo d’illustrations pour des agences et ses recherches personnelles.
Première exposition en 2006 à l’Hôpital Robert Debré sur les prématurés.
Laurent travaille actuellement sur une exposition de portraits de japonais en Ile-de-France. 

Ma photo préférée
Bribes

 
 
 
 

Cette image fait partie d'une série : "Bribes". S'il y a une histoire c'est celle de la série...

« Bribe » En français : menu morceau, fragment, parcelle. Au pluriel, restes insignifiants.

Série de douze photos réalisées sans aucune retouche lors d’une résidence d'artistes.
Photos faites à la chambre (ektat 4x5 inches)



Pour mieux comprendre cette série il faut imaginer que les photos ont été tirées en grand format (1m x 0,80) alors que l’espace de la photo ne dépassait pas 4 x 5 cm.
Du très petit montré en très grand pour casser les repères.
On ne reconnaît pas l’aile de mouche qui devient un végétal. Ou le petit bout de verre.
Chaque sujet de photo est un assemblage de matières, de couleurs, de textures, d’objets.
Nabil ne révèle pas de quoi est composée la photo. Plutôt que de répondre à la question : qu’est-ce que c’est ? Il préfère que le spectateur se laisse porter par l’émotion de la composition.
Cette série restitue un travail de collecte de petits objets, de bribes d’histoires.
Des objets qui le touchent, chargés d’émotion.
Quand Nabil les a assemblés, il avait le sentiment de créer des émotions fortes, contradictoires. De rassembler les esprits des histoires de ces objets. Et les transmettre.
 
 

Nabil Boutros

Peintre, scénographe, et photographe depuis 1986, Nabil né au Caire, vit et travaille à Paris.
Attiré par la puissance d’évocation de la photographie plutôt que par sa qualité descriptive, Nabil pense les images comme un ensemble qui laisse la porte ouverte à l'imaginaire.

Ma photo préférée
"Crépuscule arctique" de Daniel Ponsard

 

 

 

 


 

 

Crépuscule arctique

 

Difficile de parler d’une image, même si elle témoigne de la beauté d’un paysage, d’une ville, d’un visage. Une intention ou une émotion devant un sujet va se matérialiser par la photo, prise à un moment très précis, en général de l’ordre d’une infime fraction de seconde. Mais ce résultat a pour le photographe une multitude de résonances. Qui vont de l’information au fantastique, en passant par l’esthétique ou l’artistique.
Ce bloc de glace échappé d’un iceberg, tel un animal en attente d’autres métamorphoses reste figé dans ce long crépuscule arctique. Silhouette en contre-jour, un peu inquiétante, elle évoque entre autre les débats incessants sur le réchauffement de la planète. Mais elle peut aussi être interprétée différemment sous le regard du spectateur. La beauté du site : l’extrême rudesse du climat : l’histoire de cet immense continent, l’Arctique.
La photo donne à voir, elle est comme une fenêtre ouverte sur le monde.
Comme une petite musique figée dans l’espace temps.
 
 

Daniel Ponsard

Daniel Ponsard est photographe au Musée de l'Homme.

Ma photo préférée
"M_K" de Sabine Harti

 

 

 

 

 

M_K (Mutter und Kind) – Mère et enfant

Réalisée en studio en tirage argentique.
 
 
 
"Cette photo évoque pour moi la maternité : la douceur rendue par la beauté et la finesse des pétales et le bouton de fleur qui est à l’abri, protégé du monde par la tête de la fleur ouverte.

J’aime aussi cette photo car c’est une photo de fleurs. Et je ne peux pas la faire dans les conditions que j’ai habituellement pour les natures mortes. Il faut aller très vite car les fleurs sont très fragiles et sensibles à la chaleur des lumières que j’utilise. Il faut savoir reconnaître le moment privilégié et être capable de le saisir.
Saisir « l’instant » qui devient éternel.
Quand je photographie des fleurs, pour moi elles sont vivantes comme des portraits. Elles deviennent des personnes avec leurs gestes, leurs expressions et l’instant dans lequel on les a photographiées.
Si la fleur est encore en bouton, je sais attendre. Mais parfois j’en photographie qui sont presque fanées.
À chaque fleur son instant".
 
 

Sabine Hartl

Sabine Hartl est une photographe professionnelle spécialisée dans les natures mortes (objets de luxe).
www.sabinehartl.com

 
 

 Ma photo préférée
 

N° 11

N° 10

N° 9

N° 8

N° 7

N° 6

N° 5

N° 4

N° 3

N° 2

N° 1
 
 Petit mystère de la Nature
 

N° 11

N° 10

N° 9

N° 8

N° 7

N° 6

N° 5

N° 4

N° 3

N° 2

N° 1
 
 Mot & merveilles
 

N° 11

N° 10

N° 9

N° 8

N° 7

N° 6

N° 5

N° 4

N° 3

N° 2

N° 1
 
 Cuisine imaginaire
 

N° 11

N° 10

N° 9

N° 8

N° 7

N° 6

N° 5

N° 4

N° 3

N° 2

N° 1
 

 

Archives

Par numéro

 

 Numéro 10, Hiver 2010

Rencontre

Photo

Nature

Écriture

Cuisine
 
 Numéro 9, Automne 2009

Rencontre

Photo

Nature

Écriture

Cuisine
 
 Numéro 8, Printemps 2009

Rencontre

Photo

Nature

Écriture

Cuisine
 
 Numéro 7, Hiver 2009

Rencontre

Photo

Nature

Écriture

Cuisine
 
 Numéro 6, Printemps-Été 2008

Rencontre

Photo

Nature

Écriture

Cuisine
 
 Numéro 5, Hiver 2008

Rencontre

Photo

Nature

Écriture

Cuisine
 
 Numéro 4, Automne 2007

Rencontre

Photo

Nature

Écriture

Cuisine
 
 Numéro 3, Été 2007

Rencontre

Photo

Nature

Écriture

Cuisine
 
 Numéro 2, Printemps 2007

Rencontre

Photo

Nature

Écriture

Cuisine
 
 Numéro 1, Hiver 2006

Rencontre

Photo

Nature

Écriture

Cuisine
 

 
 

Inscriptions

 

Contact

 

Création - Réalisation
Copyright@lesmotsdesanges.com, 2007 - Mentions légales