Le numéro 2 des Mots des anges. Déjà. C'est quand on s'attelle à ce genre d'engagement que l'on réalise que le temps passe si vite.
Trois mois. Les habitués des services de rédaction m'avaient mis en garde : c'est très court.
Les mots des anges a choisi le format du webzine sur internet. Les pessimistes m'ont garanti que tout le monde était assailli de mails et que personne ne prendrait jamais le temps de la lire.
Mais il y a eu aussi toutes les petites voix qui m'ont encouragée. Je sais qu'au moins elles elles ont lu la numéro 1.
C'est pour toutes ces petites voix que nous avons fait la numéro 2.
Les mots des anges est cette fois-ci partie hors de nos frontières pour plusieurs rubriques. Le mot de Mot & merveilles par contre est résolument français. Et vous allez l'adorer !
Donnez-nous aussi vos impressions. Et n'hésitez pas à nous faire part de vos envies, vos idées ou votre désir de participer à un prochain numéro.
Nous avons pris du plaisir à concevoir ce projet. J'espère que vous allez en prendre à le découvrir. Bonne aventure.
4ine
Conceptrice rédactrice
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N° 2
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Rencontre avec des êtres extraordinaires Les Tarahumara (ou Raramuri)
La famille Susana et Amulfo (25 ans tous les deux et 10 ans de mariage)
Les Tarahumara (ou Raramuri) sont un peuple d'agriculteurs. Ils habitent dans des hameaux qui regroupent des maisons (les rancherias) avec les champs de labour attenants. Ils vivent dans une région montagneuse formée de canyons. Les rudes conditions climatiques (30 à 40° en été, jusqu´à moins 10° en hiver) les ont conduits à vivre sur les hauteurs pendant la saison chaude et pluvieuse pour semer le maïs et à se réfugier dans les Barrancas en hiver où la végétation est tropicale. (La différence de température entre le haut et le bas est approximativement de 10°). Les Rarámuri cultivent principalement le maïs, mais aussi le haricot noir, un peu de blé et quelques légumes comme les courges ou le piment. Dans les vallées, ils cultivent des fruits et légumes comme la papaye, la banane ou l’avocat. Le travail des champs se fait collectivement. Tout le monde y participe selon le mode d'organisation appelé la tesgüinada (le tesgüino est une boisson à base de maïs fermenté). La famille qui veut labourer son terrain invite ses voisins pour l'aider et faire la fête. Les hommes travaillent aux champs (ils n'ont pas d'outils à part les machettes). Certains s’exilent en ville ou parfois y vont pour s'employer comme saisonniers dans la construction ou l'agriculture. Les femmes s'occupent d'aller chercher l'eau, de préparer la nourriture (moudre le maïs sur le metate en pierre volcanique), tisser des paniers et des couvertures pour les vendre, faire de la poterie et coudre leurs vêtements, qui sont entièrement faits à la main (le couteau faisant office de ciseaux). Dans les villes du nord du Mexique on voit des femmes Rarámuri vendre leur artisanat dans la rue, mendier ou se prostituer. L'arrivée du narco trafic est en train de précipiter les boulversements de leur fragile équilibre : les cultures du pavot et de la marihuana se subtituent à celle du maïs. Les Tarahumara sont ainsi obligés d'acheter leur aliment de base. L'arrivée d'argent entraîne aussi l'apparition de la civilisation avec tous ses fléaux, notamment la production de déchets que l'on voit jetés n'importe où. Les enfants gardent les chèvres à partir de 7 ou 8 ans. Ils sont scolarisés à partir de six ans, ce qui les oblige à faire de longues marches par les sentiers de montagne pour rejoindre l'école la plus proche. Les vieux ramassent le bois et aident aux tâches les moins pénibles. Leur nourriture est essentiellement à base de tortillas (galette de maïs épaisse), de frijoles (haricots noirs ou rouges), et de chile (piment). La viande (de chèvre ou de mouton) est consommée à l'occasion des fêtes uniquement et en petites quantités. Les bébés sont allaités pendant un an environ. Ils mangent ensuite la même nourriture que les adultes.
Vie quotidienne. Cangra moud le maïs, Elba prépare les tortillas, Curesia coud.
Les Raramuri habitent sur des terres communautaires. En fait ce sont des réserves même si au Mexique ce terme n´existe pas légalement. Chaque famille a droit a une parcelle pour la maison, le champ et les trojes (greniers à céréales). Un hectare environ pour la famille d'Isabel.
Ce qui a le plus impressionné Isabel chez les Raramuri c'est leur douceur naturelle et leur patience face aux événements. Même quand ils attendent la pluie pour les récoltes et que des nuages se forment puis repartent pour plusieurs jours, ils ne s´énervent pas. Ils attendent en toute sérénité. Ils ne sont ni impatients ni énervés.
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Ma photo préférée "Crépuscule arctique" de Daniel Ponsard
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Crépuscule arctique
Difficile de parler d’une image, même si elle témoigne de la beauté d’un paysage, d’une ville, d’un visage. Une intention ou une émotion devant un sujet va se matérialiser par la photo, prise à un moment très précis, en général de l’ordre d’une infime fraction de seconde. Mais ce résultat a pour le photographe une multitude de résonances. Qui vont de l’information au fantastique, en passant par l’esthétique ou l’artistique. Ce bloc de glace échappé d’un iceberg, tel un animal en attente d’autres métamorphoses reste figé dans ce long crépuscule arctique. Silhouette en contre-jour, un peu inquiétante, elle évoque entre autre les débats incessants sur le réchauffement de la planète. Mais elle peut aussi être interprétée différemment sous le regard du spectateur. La beauté du site : l’extrême rudesse du climat : l’histoire de cet immense continent, l’Arctique. La photo donne à voir, elle est comme une fenêtre ouverte sur le monde. Comme une petite musique figée dans l’espace temps. Daniel Ponsard est photographe au Musée de l'Homme. |
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Petit mystère de la Nature Suivez le bœuf de l’étable à la table Il s’agit là d’un très vaste sujet et notre ambition n’est pas ici d’être exhaustif en la matière, mais seulement d’évoquer quelques aspects qui nous paraissent essentiels.
Qu’est-ce que la viande ? La viande (étymologiquement « ce qui sert à la vie ») est constituée par la chair des mammifères et des oiseaux que l’homme, à l’origine chasseur et cueilleur, utilise comme aliment pour subvenir à ses besoins. Tel qu’il est vendu au consommateur, c’est un produit très hétérogène puisque constitué essentiellement par des muscles auxquels s’ajoutent en quantités variables du gras et de l’os. Cependant, au bout de notre fourchette, il n’est pratiquement plus constitué que de muscles. Le muscle, dont la composition chimique moyenne chez les mammifères est caractérisée par l’importance de l’eau (75%) et des protéines (19%), comprend trois tissus : le tissu musculaire, le tissu conjonctif et le tissu adipeux. Le tissu musculaire est constitué de fibres musculaires (unité structurelle de base) groupées en faisceaux qui définissent l’apparence (nous dirons la texture) telle qu’elle apparaît par exemple sur une tranche de faux filet. Les tissus conjonctifs et adipeux sont répartis soit en périphérie soit à l’intérieur du muscle. A l’intérieur du muscle, le collagène (tissu conjonctif) conditionne la tendreté (elle diminue généralement avec la teneur en collagène) alors que le persillé (tissu adipeux situé entre les faisceaux) améliore la flaveur (olfaction et gustation). Mais, particulièrement dans le cas des bovins, une source coûteuse Si la viande bovine contient notamment des protéines de qualité, sa production est par contre très coûteuse pour plusieurs raisons. Tout d’abord, les différents cycles de production de la viande bovine sont nettement plus longs que ceux des porcs ou des volailles ce qui entraine des frais importants notamment d’alimentation et ce d’autant plus qu’ils intègrent une phase d’engraissement très « énergivore » (consommatrice en calories). Ces cycles ont d’ailleurs tendance à devenir moins intensifs et donc à s’allonger pour mieux tenir compte des contraintes de qualité : par exemple, le gras de persillé ne se dépose dans le muscle qu’en phase terminale de l’engraissement. Ensuite, le rendement du passage du poids vif de l’animal vivant (au départ de la ferme) à celui de la viande consommable est faible (de l’ordre de 35 à 40%) soit 245 Kg pour un animal vivant de 680 kg (Fig 1). On notera que parmi les pertes figurent en priorité le contenu digestif qui peut atteindre jusqu’à 20% du poids vif de départ car les bovins sont des polygastriques (estomac à plusieurs compartiments). Par ailleurs, le cinquième quartier, dont la valorisation demeure difficile, représente environ 26% du poids vif. Et dont la consommation diminue en valeur relative Des prix élevés auxquels il faudrait adjoindre l’évolution des modes de vie et des considérations de diététique (discrédit du gras), ainsi que la crise sanitaire de la vache folle sont des facteurs explicatifs de la tendance générale à une diminution relative des consommation de viandes bovine et ovine en France (entre 1989 et 2000 elles ont diminué respectivement de 13 et 18%) au profit de celles de porc et de volaille qui ont progressé respectivement de 8 et 15% (1). Cette diminution relative pourrait être à l’avenir contrebalancée par la mise au point de nouvelles formes de commercialisation des morceaux à cuisson lente (teneur élevée en tissus conjonctifs) qui sont de plus en plus difficiles à commercialiser malgré leur prix plus attractif.
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La viande, une des premières sources de protéines de qualité Les protéines sont des nutriments indispensables à la construction et à l’entretien de l’organisme de l’homme. Sans vouloir engager une polémique avec ce que je dénommerais sans condescendance « les philosophies nutritionnelles », je m’en tiendrai à l’avis de la communauté scientifique qui considère que les protéines de la viande, sont, au même titre que les autres sources de protéines animales (œufs, poissons et produits laitiers), mieux équilibrées que les protéines végétales. Nous ne nous étendrons pas ici sur les autres points forts de la valeur nutritive de la viande. ![]() Le taureau de Laguiole (Aveyron), de la race Aubrac Le bœuf, c’est quoi ? Ut fama est (Comme le rapporte la légende), un quidam déclarait un jour « Je ne crains pas la maladie de la vache folle parce que je ne commande que du bœuf à mon boucher ». En fait, sous le terme courant de bœuf on trouve rarement à l’étal du bœuf au sens strict c'est-à-dire un mâle adulte castré (8% de la consommation) mais la plupart du temps des génisses (femelles n’ayant pas vêlé) ou des jeunes bovins (mâles non castrés de 15 à 18 mois) - au total 44% - et surtout des vaches de réforme c'est-à-dire des vaches issues des troupeaux spécialisés en lait ou en viande et qui finissent leur carrière en boucherie (48%). « La tournée en solitude du boucher-abattant » (2), un circuit de transformation et de distribution en voie d’extinction Ce maillon de la ruralité (le boucher achète ses animaux chez des éleveurs qu’il a sélectionnés, récupère leur carcasse à l’abattoir et en commercialise la viande dans les marchés ou campagnes) disparaît progressivement. Les circuits de collecte, de transformation et de distribution ont considérablement évolué au cours des dernières décennies. Ainsi aujourd’hui par exemple, la viande de bœuf consommée par les ménages est distribuée à 79% en grandes surfaces. « Mange et tais-toi » (3)… c’est fini ! Pour le consommateur, la valeur nutritive (apports de protéines, etc.) et les satisfactions gustatives liées aux caractéristiques organoleptiques (tendreté, couleur, flaveur, jutosité) ont constitué pendant longtemps les principaux critères de la qualité de la viande. Aujourd’hui le consommateur formule des exigences de plus en plus pointues notamment sur la valeur hygiénique de la viande (absence de contamination microbienne ou parasitaire, de résidus d’hormones), sur le contexte de la production (lieu, race), sur la valeur « éthique » du type de production (degré de bien-être des animaux, conditions d’abattage), sur la valeur environnementale des fourrages et aliments concentrés ayant servi à les engraisser (pollution par les nitrates), etc. En conclusion, la viande est un aliment très important mais aussi très particulier car il met en jeu depuis des temps très anciens les relations ambivalentes entre l’homme et les animaux domestiques que le professeur Ruckbush définissait comme des animaux capables de supporter les peines de cœur. Mais l’auteur ajoutera, "pas toutes les peines : ils demeurent des êtres sensibles envers qui l’homme a des obligations".
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Mot & merveilles Quand les mots me débordent. BORDEL.
nakasatO, Calligraphe www.moogai.com
Quand les mots me débordent. Bordel.
Je suis née dans une famille nombreuse, de parents cultivés, sensibles à la beauté et mon père qui était un lecteur familier de Raymond Queneau adorait les jeux de mots, les palindromes et les contrepèteries. « Je suis un fer bien pété » s'exclama-t-il un jour qu'on lui souhaitait la sienne. Les conversations à table étaient souvent épicées d'allusions coquines voire salaces que du haut de mes 8-10 ans, je m'efforçais de décrypter.
Bordel, un mot qui claque au vent comme le battant d'une cloche. Ce n'est pas du tout la maison de passe, le bar à pute avec l'hôtel attenant qui me viennent à l'esprit. Et pourtant, à Lyon, ma ville natale, j'ai arpenté sagement mais les yeux grands ouverts les rues des Archers, Mercière, Tupin, fascinée par ces « péripatéticiennes » aux chevelures excessives, aux poitrines dénudées et proéminentes, aux cuisses bottées, jambes résillées, jupes-gaines panthère, bouches écarlates, cigarettes, voix cassées, rires gutturaux qui me toisaient sans méchanceté, maigrelette dans ma jupe plissée écossaise, socquettes bleu marine, béret à pompon et lourd cartable de petite classe.
Eveneige La Rangée |
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Cuisine imaginaire Rougail de patates douces à la Joséphine
Le panier (en accompagnement pour 4 personnes) :
1) Peler les patates. Rincer et mettre à cuire à la cocote minute entre 5 et 8 minutes (quand la vapeur commence à sortir).
2) Pendant ce temps, couper très fin l’échalote, réserver. Peler le gingembre et l’ail, et piler ensemble dans un mortier avec un peu de sel jusqu’à l’obtention d’une pâte.
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3) Mélanger dans un petit saladier en inox ou en pyrex (résistant à la chaleur) l’échalote avec le mélange du mortier, et ajouter 3 cuillères à café de vinaigre. Bien mélanger.
4) Quand les patates ont refroidi, les couper en morceaux et les placer tout autour du mélange précédant dans le saladier.
5) Faire chauffer 3 cuillères à soupe d’huile de tournesol dans une petite casserole, sans arriver à ébullition.
Ce Rougail de patates douces à la Joséphine se sert en accompagnement
Les trois Chefs : Tamamie (Josèphe), Fafa et Élise Élise Pallot |

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