Numéro 7 - Hiver 2009

Le numéro 7 des Mots des Anges. Pour fêter notre deuxième anniversaire. En plein coeur d'un vrai hiver.

Une lettre tournée vers la froidure. Et le sacré aussi finalement.

Avec de nouveaux invités et des territoires (imaginaires ou intérieurs) à découvrir. Notamment le monde du petit élevage avec Laurence qui habite au bord du Chemin de César pour la rubrique de la Rencontre, Susan la New Yorkaise qui nous amène tout près d'un lac sacré pour sa Photo préférée et Anne de Ravel qui a imaginé une recette de canard laqué version Québec.

Merci à ceux et celles qui m'encouragent à continuer et qui font (vont faire...) découvrir Les Mots des anges autour d'eux(elles).

Bienvenue.

 

4ine
Conceptrice rédactrice

Sommaire
Sommaire
Rencontre avec des êtres extraordinaires

Il est de ces gens dont la rencontre vous ébranle. Par leur volonté et leur intelligence de l'autre. Par leur façon de voir la vie et de la vivre. Par leur engagement dans notre société.

Vous vous sentez grandis de les avoir approchés, regardés ou entendus. Leurs engagements sont pourtant modestes. Ils passent souvent même inaperçus. Ces êtres sont presque anonymes, mais uniquement pour ceux qui sont loin d'eux.
Nous avons voulu leur rendre hommage. Vous les faire rencontrer.

Cela faisait longtemps que j'avais eu envie de la rencontrer. Depuis que Francis son mari m'avait parlé d'elle et de cette vie qu'elle s'est choisie à 39 ans.

J'ai préféré un moment de l'année où c'est presque tranquille, où il y a beaucoup moins à faire. Juste avant que les femelles de son troupeau mettent bas. Laurence Nory est chèvrière.

Lire la suite…

Ma photo préférée

La règle du jeu : un(e) photographe de métier nous présente parmi toutes ses créations celle qui a sa préférence.
Et il (elle) nous explique pourquoi c'est celle-ci plutôt qu'une autre.

Susan Moriguchi, mon amie New-Yorkaise que j'ai connue au Japon dans un atelier de bijouterie où nous allions une fois par semaine, a choisi vite. Une photo prise un jour important pour les américains et dans un lieu magique et peu connu encore, le Bhutan. Une photo prise après plusieurs heures de quête et d'efforts. Et pourtant on ne ressent que la grâce et la sérénité. Et l'immensité de la nature.

Lire la suite…

Petit mystère de la Nature

On l'a certainement appris à l'école. Ou par un grand-parent plus patient que les autres. Mais on a un peu oublié.

Et on s'est senti trop grand pour oser demander de nous l'expliquer encore une fois.
Nous avons décidé de prendre notre courage à deux mains pour reposer la question et savoir enfin. Une bonne fois pour toutes.

Septième petit mystère :

De l'utilité de l'hiver

Nous venons de franchir le pas : plus de la moitié de l'humanité vit dans les zones urbaines. Et c'est un mouvement pour l'instant irréversible au niveau planétaire.

Pour les citadins, la nature devient rapidement une notion de plus en plus abstraite. À finir par se demander pourquoi elle existe ! Si on leur demandait leur avis, ils rayeraient l'hiver de la carte des saisons. Pour ne garder qu'un éternel été et profiter des terrasses de café sans grelotter.

Mais que fait donc la nature en hiver pendant que les ours hibernent ? Que se passe-t-il sous la terre ?

Mélipone, notre spécialiste nature, a pris le temps d'aller y voir de plus près.

Lire la suite…

Mot & merveilles

Un mot plutôt qu'un autre. Pourquoi un mot nous parle-t-il plus qu'un autre ? Pourquoi nous interpelle-t-il ?
Est-ce sa musicalité, son sens ou son histoire qui nous le font préférer à tous les autres ?

Isabelle Tarde, notre Isa toujours pleine d'énergie et de courage s'est jetée à l'eau, quand la bouche pleine de miettes de la dernière galette de l'année nous parlions des Mots des anges à des amis venus du Canada. Épiphanie. Voici le mot qu'elle a choisi. 

Lire la suite…

Cuisine imaginaire

Un cuisinier de métier ou un amateur éclairé nous livre une de ses recettes. Mais la condition est qu'elle soit inventée. Qu'on ne puisse pas la trouver dans les livres.

Anne de Ravel, journaliste culinaire d'origine languedocienne ayant émigrée aux États-Unis, cherchait deux idées de recette. Une autour du sirop d'érable pour un article culinaire sur le Carnaval et Mardi gras au Québec. Et une autre pour accomoder les cuisses de canard, mets trop peu utilisé à son goût.

Elle eut l'idée de les associer. Ainsi commence sa recette...

Lire la suite…

Rencontre avec des êtres extraordinaires
Une tête blonde parmi les cornes

 


 
Dans la maison suèdoise tout en bois, bien au chaud autour d'un café.
La boîte en fer blanc pour le sucre
.

 

 

La mise bas va commencer dans neuf jours. Laurence le sait car elle connaît son troupeau.Et le suit de très près. Avec amour et dévotion. Et beaucoup d'écoute et d'intuition. En attendant donc c'est presque une vie normale ! 

 



 
Avec le troupeau de race poitevine

 

 

 

Le troupeau compte 28 chèvres et un bouc. Sans parler de celui qui va le remplacer et qui est pour l'instant en quarantaine. 

Car Laurence n'a pas choisi la facilité. Son troupeau est de race poitevine, une race ancienne qu'elle essaie avec quelques uns en France de relever. Il faut donc changer de bouc régulièrement pour éviter la consanguinité. Et comme il n'y a plus que 2000 têtes de cette race ce n'est pas tâche aisée d'en trouver des purs.

Aussi elle ne les écorne pas car elle estime que cela leur change le caractère. Par contre cela demande plus de vigilance car un coup de corne peut être fatal.

 

 


 
À midi, distribution de foin

 

 

Et elle les nourrit bien : au foin et en complément un mélange d'orge et de pois biologiques. C'est meilleur mais cela coûte plus cher. Car elles mangent les chèvres : 3 à 4 kg de foin par jour et 3 fois 200 gr de complément. Pour 3 à 4 litres de lait (contre 6 litres pour la race des alpines). Le foin c'est le sien, mais l'an dernier à cause des pluies elle n'a pas pu tout le rentrer et a dû en acheter. Des frais supplémentaires qui n'étaient pas prévus.

Elle a des projets de semer des herbes médicinales pour que les chèvres puissent s'automédiquer. Elle les a vu faire quand elle apprenait le métier aurpès d'une autre chèvrière. Les chèvres, comme les grands singes notamment, savent trouver les plantes qui leur faut quand elles sont malades. Encore faut-il qu'elles soient en liberté pour les chercher !





 
À droite, l'endroit de la traite 
 
 
 

Le troupeau devrait passer à 45 têtes. Et Laurence ne sait pas encore comment elle va arriver à tout gérer. Avec 45 elle devrait s'en sortir mieux financièrement. Par contre plus de chèvres à traire, et plus de lait produit cela implique des nouveaux investissements. 20 000 euros. Que le banquier a refusé de lui prêter. Les banques ne sont pas compréhensives, ni les services sanitaires d'ailleurs. Depuis le début elle se bat pour maintenir son activité mais rien n'est acquis. 

45 têtes c'est aussi le double de travail. Car en plus de s'occuper du troupeau Laurence fait ses fromages qu'elle vend sur les marchés des environs et par le canal des AMAP*. Pour les AMAP elle s'engage à livrer 5 € de fromage par semaine et par panier. Mais cela implique de s'occuper aussi des livraisons et comme elle est loin de tout (à 20 km de Nemours) c'est beaucoup de temps de perdu.






 
Moule à crottin (on le remplit de lait + une louche pour obtenir un seul petit crottin )
- La gamme des prix : de 1,50 à 5 euros - Les récompenses 

 

 

 

Au bout de quatre ans d'exercice, le travail est toujours aussi dur, les journées aussi longues (la traite étant à 6h30, les jours de marché le lever est à 4h30...) et on ne part pas en vacances. Mais les récompenses sont arrivées.

Le troupeau va bien : elle n'a plus de chèvres malades comme les 2 premières années. Et elle a remporté 4 prix (dont 2 Médailles d'or) au Concours de chèvres fermiers 2008 d'ïle de France. Un exploit pour une toute nouvelle dans le métier.

Laurence va bientôt pouvoir traire à nouveau et refaire ses fromages. Nous les attendons avec gourmandise !

 

 

 

 
Laurence au milieu de son troupeau

 

 

AH ! J'avais oublié de vous signaler qu'elle a appelé sa chèvrerie Missacapri. Car quand ses chèvres bêlent de concert, on dirait une messe, une vraie communion.

 

 

* Une AMAP est une Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne ayant pour objectif de préserver l'existence et la continuité des fermes de proximité dans une logique d’agriculture durable, c'est-à-dire une agriculture paysanne, socialement équitable et écologiquement saine, de permettre à des consommateurs d’acheter à un prix juste des produits d’alimentation de qualité de leur choix, en étant informés de leur origine et de la façon dont ils ont été produits, et de participer activement à la sauvegarde et au développement de l’activité agricole locale dans le respect d’un développement durable.

Elle réunit un groupe de consommateurs et un agriculteur de proximité autour d’un contrat dans lequel chaque consommateur achète en début de saison une part de la production qui lui est livrée périodiquement à un coût constant. Le producteur s’engage à fournir des produits de qualité dans le respect de la charte des AMAP.

Ma photo préférée
The Bhutan monk

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Nov 5th, 2008. The day after our presidential election in the U.S. and I'm as far away as possible from the elation, relief and celebrations going on back home. I'm in the Buddhist kingdom of Bhutan on the second day of a three-day trek to a sacred lake at 4,000 meters, traveling with my Bhutanese friend, three Buddhist monks and a Scottish man who turned sixty years old that day. I caught one of the monks after five hours of hiking, at the edge of the sacred lake, after he did prostrations towards the lake and the extreme fog quickly cleared just enough to see the meeting line of where the lake and rocks met. It's snowing and slushy. We dropped paper money into the lake and said a prayer.
 
 
 
 
 

Susan Moriguchi

Susan Moriguchi is a design director in Manhattan and calls New York her home. Observing other peoples and cultures through travel gives her inspiration.

Petit mystère de la Nature
Que fait donc la Nature en hiver ?

 

 




 La vie sous terre


On  peut considérer que d’un point de vue physico chimique les sols sont essentiellement constitués d’eau et surtout de minéraux (notamment les argiles) et de matières organiques en voie de dégradation (humus). Ces 2 derniers éléments, en formant un complexe argilo-humique, donnent naissance à des agrégats de formes et dimensions variables qui conditionnent «l’architecture des sols» (les agronomes parleront de structure).

Ces caractéristiques physico chimiques ne suffisent cependant pas pour définir les sols. En effet, ces derniers sont aussi le site d’un biodynamisme intense mais variable selon les conditions de milieu (voir plus loin). Tout d’abord, la plupart des végétaux y trouve les conditions indispensables pour ancrer leur partie aérienne, développer leur système racinaire nécessaire à leur croissance (absorption racinaire) et enfin stocker des réserves. Ensuite les sols sont un milieu de vie récurrent ou temporaire pour de très nombreux êtres vivants parmi lesquels figurent des tout petits (bactéries) mais aussi des insectes, des vers, des rongeurs qui y creusent de nombreuses galeries, etc.

 

 

 

 
 
 
 
 
 De l’influence de l’hiver

À première vue, l’hiver, par les modifications souvent brutales des conditions de milieu qu’il entraine, vient « martyriser » ces différentes formes de vie notamment dans les couches superficielles des sols. Ce sont tout d’abord les pluies abondantes qui en « fluidifiant » la structure des sols vont jouer un sale tour à nos forêts soumises aux tempêtes hivernales. Mais que dire de ces voies d’eau, terreur de nos mineurs, qui noient sans discernement les êtres faiblement ou pas mobiles.
 
L’hiver va aussi bousculer le gradient des températures dans le sol. Ainsi le gel va stopper ou détruire la vie dans les couches superficielles et la survie sera liée, ici aussi, à la faculté de pouvoir se rapprocher (un peu) du noyau de la terre. Inutile de dire que de ce point de vue le système racinaire des végétaux est d’autant plus vulnérable qu’il est superficiel. On citera le cas extrême de certains végétaux (céréales d’hiver, doucette, fraisiers) qui sont véritablement « déchaussés » par les cristaux de glace.

 
 
 
 

 

 

 

 

L’hiver apporte aussi des bienfaits, subis ou souhaités, dans les sols. En effet, il va être un élément  régulateur des populations vivant dans le sol (d’un point de vue écologique) en détruisant « la vermine » néfaste à l’agriculture (d’un point de vue anthropologique). Par ailleurs, il va apporter un concours substantiel à l’agriculteur en ameublissant la structure des sols et notamment celles des « terres fortes » (riches en argile) et labourées en automne.
En un mot l’hiver procède bien de l’ordre éternel des champs.

 

 

 


 
Puy du Montenard et lac d'Aydat, Noël 2008 (Auvergne, 63)

 

 

Mélipone

Mot & merveilles
Épiphanie

 
 
 
 
 
 

 
 
"Épiphanie" par Diana Schneider, jeune graphiste texane 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
Épiphanie est un mot qui porte en lui le mystère poétique de la révélation. Il en a la grâce…

L’épiphanie est pour les chrétiens la révélation de la manifestation du Christ dans le monde. Ce fut même jusqu’au Ve siècle la grande et unique fête de la Chrétienté.

L’épiphanie est associée pour moi à un imaginaire visuel. Des images liées à la fête d’abord : j’aime celle de mon enfance que j’associe à l’image naïve du calendrier de l’Avant où ces mages processionnaires et magnifiques, Melchior l’Africain, Balthazar et Gaspard se défiant du méchant roi Hérode, viennent déposer leurs offrandes de myrrhe, encens et or aux pieds de l’Enfant Jésus. Il y a celle moins colorée mais plus récente de la salle paroissiale du quartier, où les volutes profuses de l’encensoir ont fait tousser le curé et les fidèles.
Et puis bien sûr, il y a celle légèrement nauséeuse des miettes de la énième galette sur l’assiette à gâteaux.

Il faut savoir que ce mot épiphanie n’a pas qu’une acception religieuse. L’épiphanie est devenue poétique, littéraire, artistique, plutôt profane mais toujours élevée. De toutes les épiphanies que recèlent les narrations du moi, je préfère celle d’une amie chère qui en pèlerinage littéraire, s’est baignée dans l’étang jouxtant la maison d’un grand poète de Nouvelle Angleterre. Dans cette eau fraiche, le regard vers le ciel que dégageait la trouée des arbres, elle a, m’a-t-elle raconté, vécu une réelle épiphanie. Ca m’a frappé : et dans mes pensées, par la magie d’une révélation subséquente où s’est opéré un véritable décentrement du sujet, l’épiphanie prenait corps et faisait la planche dans un pond.
 
 
 
 

Isabelle Tarde

Cuisine imaginaire
Cuisses de canard laquées au sirop d’érable (Maple duck)

 

Pour 6 personnes


. 2 1/2 cuillères à café de gros sel
. 1 cuillère à café de gingembre frais râpé
. 1 gousse d’ail haché
. 3 ou 4 piments d’oiseau hachés fin  
. 2 badianes (anis étoilé)
. 2 cuillères à café de thym frais
. 6 cuisses de canard
. 8 cuillères à soupe de sirop d’érable
. 4 cuillères à soupe de vinaigre de vin
. 1 1/2 tasses de vin rouge
. Bouquet garni : 1 morceau de gingembre de 2 cm, 1 branche de thym, 5 grains de poivre et 1 badiane, le tout enveloppé dans un morceau d’étamine
. Poivre au moulin

 

 


 
Les épices

 

 

1) Mélanger le sel, gingembre, piment, badiane et thym dans une grande jatte. Ajouter les cuisses de canard et bien répartir le mélange. Couvrir et mettre au frais entre 6 et 24 heures.

 

 

 


 
Entre 6 et 24 heures

 

2) Préchauffer le four à 180 degrés.  

3) Essuyer les cuisses de canard soigneusement avec un papier absorbant. Les déposer côté peau vers le haut dans un plat allant au four et rôtir pendant 1 heure.

 

 

 


 
Le passage au four
 
 
 

 

4) Pendant ce temps, mettre le sirop d’érable dans une casserole à fond épais. Laisser bouillir pendant 2 minutes à feu moyen. Ajouter le vinaigre tout en remuant. Baisser le feu et laisser mijoter à petit bouillon pendant 5 minutes. Ajouter le vin rouge et bouquet garni et laisser réduire de moitié à feu très doux. Retirer le bouquet garni.

 

 

 

 
Le sirop d'érable en ébullition
 
 

 

 

 

 

 
Bouquet garni et vin rouge ajoutés

 

 

 

5) Retirer le plat du four. En faisant très attention, enlever la graisse accumulée au fond du plat. Ajouter une demie tasse d’eau et déglacer le plat. À l’aide d’un pinceau, badigeonner les cuisses de canard de la sauce au sirop d’érable. Enfourner  pendant 30 minutes.

 

 

 


 
Pour l'accompagnement, des petits navets blancs et jaunes, rôtis à la graisse de canard
 

 

 

Au moment de servir, réchauffer la sauce au sirop d’érable, placer les cuisses de canard dans les assiettes et les arroser avec un peu de sauce. Servir le reste en saucière. Ce plat peut se déguster aussi avec un riz basmati.

 

 

 

 

 

 

 

 Bon appétit !

 

 

 

Anne de Ravel

Anne de Ravel est journaliste culinaire. Elle propose aussi des ateliers de Cuisine dans le Languedoc.
Pour en savoir plus, www.saveurlanguedoc.com .



   Cooking on the Road with Celebrity Chefs by Anne de Ravel (Editor)

 
 

 Ma photo préférée
 

N° 11

N° 10

N° 9

N° 8

N° 7

N° 6

N° 5

N° 4

N° 3

N° 2

N° 1
 
 Petit mystère de la Nature
 

N° 11

N° 10

N° 9

N° 8

N° 7

N° 6

N° 5

N° 4

N° 3

N° 2

N° 1
 
 Mot & merveilles
 

N° 11

N° 10

N° 9

N° 8

N° 7

N° 6

N° 5

N° 4

N° 3

N° 2

N° 1
 
 Cuisine imaginaire
 

N° 11

N° 10

N° 9

N° 8

N° 7

N° 6

N° 5

N° 4

N° 3

N° 2

N° 1
 

 

Archives

Par numéro

 

 Numéro 10, Hiver 2010

Rencontre

Photo

Nature

Écriture

Cuisine
 
 Numéro 9, Automne 2009

Rencontre

Photo

Nature

Écriture

Cuisine
 
 Numéro 8, Printemps 2009

Rencontre

Photo

Nature

Écriture

Cuisine
 
 Numéro 7, Hiver 2009

Rencontre

Photo

Nature

Écriture

Cuisine
 
 Numéro 6, Printemps-Été 2008

Rencontre

Photo

Nature

Écriture

Cuisine
 
 Numéro 5, Hiver 2008

Rencontre

Photo

Nature

Écriture

Cuisine
 
 Numéro 4, Automne 2007

Rencontre

Photo

Nature

Écriture

Cuisine
 
 Numéro 3, Été 2007

Rencontre

Photo

Nature

Écriture

Cuisine
 
 Numéro 2, Printemps 2007

Rencontre

Photo

Nature

Écriture

Cuisine
 
 Numéro 1, Hiver 2006

Rencontre

Photo

Nature

Écriture

Cuisine
 

 
 

Inscriptions

 

Contact

 

Création - Réalisation
Copyright@lesmotsdesanges.com, 2007 - Mentions légales