Le numéro 7 des Mots des Anges. Pour fêter notre deuxième anniversaire. En plein coeur d'un vrai hiver.
Une lettre tournée vers la froidure. Et le sacré aussi finalement.
Avec de nouveaux invités et des territoires (imaginaires ou intérieurs) à découvrir. Notamment le monde du petit élevage avec Laurence qui habite au bord du Chemin de César pour la rubrique de la Rencontre, Susan la New Yorkaise qui nous amène tout près d'un lac sacré pour sa Photo préférée et Anne de Ravel qui a imaginé une recette de canard laqué version Québec.
Merci à ceux et celles qui m'encouragent à continuer et qui font (vont faire...) découvrir Les Mots des anges autour d'eux(elles).
Bienvenue.
4ine
Conceptrice rédactrice
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N° 7
Hiver 2009 ![]() ![]() ![]() ![]() ![]()
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Rencontre avec des êtres extraordinaires Une tête blonde parmi les cornes
![]() Dans la maison suèdoise tout en bois, bien au chaud autour d'un café. La boîte en fer blanc pour le sucre.
La mise bas va commencer dans neuf jours. Laurence le sait car elle connaît son troupeau.Et le suit de très près. Avec amour et dévotion. Et beaucoup d'écoute et d'intuition. En attendant donc c'est presque une vie normale !
![]() Avec le troupeau de race poitevine
Le troupeau compte 28 chèvres et un bouc. Sans parler de celui qui va le remplacer et qui est pour l'instant en quarantaine. Car Laurence n'a pas choisi la facilité. Son troupeau est de race poitevine, une race ancienne qu'elle essaie avec quelques uns en France de relever. Il faut donc changer de bouc régulièrement pour éviter la consanguinité. Et comme il n'y a plus que 2000 têtes de cette race ce n'est pas tâche aisée d'en trouver des purs. Aussi elle ne les écorne pas car elle estime que cela leur change le caractère. Par contre cela demande plus de vigilance car un coup de corne peut être fatal.
![]() À midi, distribution de foin
Et elle les nourrit bien : au foin et en complément un mélange d'orge et de pois biologiques. C'est meilleur mais cela coûte plus cher. Car elles mangent les chèvres : 3 à 4 kg de foin par jour et 3 fois 200 gr de complément. Pour 3 à 4 litres de lait (contre 6 litres pour la race des alpines). Le foin c'est le sien, mais l'an dernier à cause des pluies elle n'a pas pu tout le rentrer et a dû en acheter. Des frais supplémentaires qui n'étaient pas prévus. Elle a des projets de semer des herbes médicinales pour que les chèvres puissent s'automédiquer. Elle les a vu faire quand elle apprenait le métier aurpès d'une autre chèvrière. Les chèvres, comme les grands singes notamment, savent trouver les plantes qui leur faut quand elles sont malades. Encore faut-il qu'elles soient en liberté pour les chercher ! ![]() À droite, l'endroit de la traite Le troupeau devrait passer à 45 têtes. Et Laurence ne sait pas encore comment elle va arriver à tout gérer. Avec 45 elle devrait s'en sortir mieux financièrement. Par contre plus de chèvres à traire, et plus de lait produit cela implique des nouveaux investissements. 20 000 euros. Que le banquier a refusé de lui prêter. Les banques ne sont pas compréhensives, ni les services sanitaires d'ailleurs. Depuis le début elle se bat pour maintenir son activité mais rien n'est acquis. ![]() Moule à crottin (on le remplit de lait + une louche pour obtenir un seul petit crottin ) - La gamme des prix : de 1,50 à 5 euros - Les récompenses
Au bout de quatre ans d'exercice, le travail est toujours aussi dur, les journées aussi longues (la traite étant à 6h30, les jours de marché le lever est à 4h30...) et on ne part pas en vacances. Mais les récompenses sont arrivées. Le troupeau va bien : elle n'a plus de chèvres malades comme les 2 premières années. Et elle a remporté 4 prix (dont 2 Médailles d'or) au Concours de chèvres fermiers 2008 d'ïle de France. Un exploit pour une toute nouvelle dans le métier. Laurence va bientôt pouvoir traire à nouveau et refaire ses fromages. Nous les attendons avec gourmandise !
![]() Laurence au milieu de son troupeau
AH ! J'avais oublié de vous signaler qu'elle a appelé sa chèvrerie Missacapri. Car quand ses chèvres bêlent de concert, on dirait une messe, une vraie communion.
* Une AMAP est une Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne ayant pour objectif de préserver l'existence et la continuité des fermes de proximité dans une logique d’agriculture durable, c'est-à-dire une agriculture paysanne, socialement équitable et écologiquement saine, de permettre à des consommateurs d’acheter à un prix juste des produits d’alimentation de qualité de leur choix, en étant informés de leur origine et de la façon dont ils ont été produits, et de participer activement à la sauvegarde et au développement de l’activité agricole locale dans le respect d’un développement durable. |
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Ma photo préférée The Bhutan monk ![]() Susan Moriguchi is a design director in Manhattan and calls New York her home. Observing other peoples and cultures through travel gives her inspiration. |
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Petit mystère de la Nature Que fait donc la Nature en hiver ?
![]() La vie sous terre
Ces caractéristiques physico chimiques ne suffisent cependant pas pour définir les sols. En effet, ces derniers sont aussi le site d’un biodynamisme intense mais variable selon les conditions de milieu (voir plus loin). Tout d’abord, la plupart des végétaux y trouve les conditions indispensables pour ancrer leur partie aérienne, développer leur système racinaire nécessaire à leur croissance (absorption racinaire) et enfin stocker des réserves. Ensuite les sols sont un milieu de vie récurrent ou temporaire pour de très nombreux êtres vivants parmi lesquels figurent des tout petits (bactéries) mais aussi des insectes, des vers, des rongeurs qui y creusent de nombreuses galeries, etc.
![]() De l’influence de l’hiver À première vue, l’hiver, par les modifications souvent brutales des conditions de milieu qu’il entraine, vient « martyriser » ces différentes formes de vie notamment dans les couches superficielles des sols. Ce sont tout d’abord les pluies abondantes qui en « fluidifiant » la structure des sols vont jouer un sale tour à nos forêts soumises aux tempêtes hivernales. Mais que dire de ces voies d’eau, terreur de nos mineurs, qui noient sans discernement les êtres faiblement ou pas mobiles. L’hiver va aussi bousculer le gradient des températures dans le sol. Ainsi le gel va stopper ou détruire la vie dans les couches superficielles et la survie sera liée, ici aussi, à la faculté de pouvoir se rapprocher (un peu) du noyau de la terre. Inutile de dire que de ce point de vue le système racinaire des végétaux est d’autant plus vulnérable qu’il est superficiel. On citera le cas extrême de certains végétaux (céréales d’hiver, doucette, fraisiers) qui sont véritablement « déchaussés » par les cristaux de glace. ![]()
L’hiver apporte aussi des bienfaits, subis ou souhaités, dans les sols. En effet, il va être un élément régulateur des populations vivant dans le sol (d’un point de vue écologique) en détruisant « la vermine » néfaste à l’agriculture (d’un point de vue anthropologique). Par ailleurs, il va apporter un concours substantiel à l’agriculteur en ameublissant la structure des sols et notamment celles des « terres fortes » (riches en argile) et labourées en automne.
![]() Puy du Montenard et lac d'Aydat, Noël 2008 (Auvergne, 63)
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Mot & merveilles Épiphanie ![]() "Épiphanie" par Diana Schneider, jeune graphiste texane Épiphanie est un mot qui porte en lui le mystère poétique de la révélation. Il en a la grâce… L’épiphanie est pour les chrétiens la révélation de la manifestation du Christ dans le monde. Ce fut même jusqu’au Ve siècle la grande et unique fête de la Chrétienté. L’épiphanie est associée pour moi à un imaginaire visuel. Des images liées à la fête d’abord : j’aime celle de mon enfance que j’associe à l’image naïve du calendrier de l’Avant où ces mages processionnaires et magnifiques, Melchior l’Africain, Balthazar et Gaspard se défiant du méchant roi Hérode, viennent déposer leurs offrandes de myrrhe, encens et or aux pieds de l’Enfant Jésus. Il y a celle moins colorée mais plus récente de la salle paroissiale du quartier, où les volutes profuses de l’encensoir ont fait tousser le curé et les fidèles. Et puis bien sûr, il y a celle légèrement nauséeuse des miettes de la énième galette sur l’assiette à gâteaux. Il faut savoir que ce mot épiphanie n’a pas qu’une acception religieuse. L’épiphanie est devenue poétique, littéraire, artistique, plutôt profane mais toujours élevée. De toutes les épiphanies que recèlent les narrations du moi, je préfère celle d’une amie chère qui en pèlerinage littéraire, s’est baignée dans l’étang jouxtant la maison d’un grand poète de Nouvelle Angleterre. Dans cette eau fraiche, le regard vers le ciel que dégageait la trouée des arbres, elle a, m’a-t-elle raconté, vécu une réelle épiphanie. Ca m’a frappé : et dans mes pensées, par la magie d’une révélation subséquente où s’est opéré un véritable décentrement du sujet, l’épiphanie prenait corps et faisait la planche dans un pond.
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Cuisine imaginaire Cuisses de canard laquées au sirop d’érable (Maple duck)
Pour 6 personnes
![]() Les épices
1) Mélanger le sel, gingembre, piment, badiane et thym dans une grande jatte. Ajouter les cuisses de canard et bien répartir le mélange. Couvrir et mettre au frais entre 6 et 24 heures.
![]() Entre 6 et 24 heures
2) Préchauffer le four à 180 degrés. 3) Essuyer les cuisses de canard soigneusement avec un papier absorbant. Les déposer côté peau vers le haut dans un plat allant au four et rôtir pendant 1 heure.
![]() Le passage au four
4) Pendant ce temps, mettre le sirop d’érable dans une casserole à fond épais. Laisser bouillir pendant 2 minutes à feu moyen. Ajouter le vinaigre tout en remuant. Baisser le feu et laisser mijoter à petit bouillon pendant 5 minutes. Ajouter le vin rouge et bouquet garni et laisser réduire de moitié à feu très doux. Retirer le bouquet garni.
![]() Le sirop d'érable en ébullition
![]() Bouquet garni et vin rouge ajoutés
5) Retirer le plat du four. En faisant très attention, enlever la graisse accumulée au fond du plat. Ajouter une demie tasse d’eau et déglacer le plat. À l’aide d’un pinceau, badigeonner les cuisses de canard de la sauce au sirop d’érable. Enfourner pendant 30 minutes.
![]() Pour l'accompagnement, des petits navets blancs et jaunes, rôtis à la graisse de canard
Au moment de servir, réchauffer la sauce au sirop d’érable, placer les cuisses de canard dans les assiettes et les arroser avec un peu de sauce. Servir le reste en saucière. Ce plat peut se déguster aussi avec un riz basmati.
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![]() Bon appétit !
Anne de Ravel est journaliste culinaire. Elle propose aussi des ateliers de Cuisine dans le Languedoc. |

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