Le numéro 9 des Mots des Anges. Le numéro d'automne. Avec les premiers froids et les jours qui raccourcissent......
Ce numéro qui s'est un peu fait désirer (désolée, désolée) est tourné vers l'ailleurs : par les univers abordés et ceux qui ont participé.
Michel, est un français expatrié aux US mais qui, même loin, sait nous parler des anges. Aussi, le hasard des rencontres a invité deux japonaises vivant à Paris. Yuko Hirota y est venue pour la musique classique, et Tomoko Nakayasu presque par hasard, mais elle va vous charmer avec une recette si facile qu'elle n'a presque pas osé nous la faire partager. Le photographe Gérard Cambon quant à lui, nous a entrouvert la porte des Chefs et des réfugiés espagnols.
Enfin, pour nous rappeler que l'été n'est pas si loin, Mélipone va nous démêler les histoires de nectarines.
Cette fois encore, j'espère que vous allez prendre autant de plaisir à découvrir ce numéro que j'en ai eu à le faire.
Bienvenue !
4ine
Conceptrice rédactrice
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N° 9
Automne 2009 ![]() ![]() ![]() ![]() ![]()
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Rencontre avec des êtres extraordinaires Le son des Choses ![]() Thé japonais dans la jolie théière créée par un de ses amis potiers
Yuko Hirota est japonaise. Menue. Affable et tout en sourire. Son grand-père paternel était l'un des premiers facteurs de piano au Japon. Ses deux grand-mères étaient liées au chant traditionnel, l’une chantait le Ko-uta (Petit chant), l’autre était professeur de Naga-Uta (chant long du théâtre Kabuki chanté en s’accompagnant du Shamisen). Yuko étudie le piano dès l’âge de 3 ans. Et remporte plusieurs grands prix. Elle décide de parfaire sa formation en venant en Europe. Elle va trouver auprès du regretté Louis Hiltbrand, compositeur et professeur de piano de la Classe de virtuosité du Conservatoire de Genève, un véritable maître spirituel. Hiltbrand cherchait sans cesse la Vérité et la voix intérieure. « La voix intérieure, c’est comme le sens et la valeur de ce qu’on ressent, quand cela résonne en soi. Il faut que cela résonne. Sans cette intensité, cette profondeur, cet écho, il n'y a pas de Musique, mais seulement des sons - et même pas des sons, des bruits ! Cette écoute est ce qui fait naître la Musique ». Histoire d'ogre - Conte sans paroles de Yuko
C'est cette extraordinaire qualité d'écoute qui permit à Hiltbrand de rendre sensible l'âme du Japon dans une de ses œuvres qu’il composa suite à un séjour au Japon qui l’a profondément marqué. Ses compositions ont boulversé Yuko et l’ont révélé à sa japonité. Mais pour se lancer dans la composition, elle a besoin de faire une deuxième rencontre majeure, celle du grand psychanalyste jungien Elie G. Humbert qui va la pousser à aller au bout de son « chemin ». Elle compose pour le piano. Le bruit se fait son, quand le bruissement d’une caisse de pois secs devient un orage ; quand ce n'est plus un vieil emballage de plastique que l’on entend, mais la vague sur la grève… Elle compose donc pour "les Choses". Beaucoup pour les pots de fleurs en terre. ![]() A droite, chez elle, le piano - à gauche, concert "Le Son des Choses" Yuko veut faire partager cette expérience et en 1988 elle fonde un atelier de recherche d’expression sonore et d’improvisation : le Son des Choses. Le Son des Choses permet à tous de pouvoir s'exprimer, dialoguer, jouer de la musique sans solfège ni technique instrumentale précise. On joue un monologue pour écouter sa musique intérieure. On joue un dialogue avec l'autre, pour la joie de jouer et de s'écouter. Ces ateliers sont programmés dans plusieurs lieux mais surtout dans la yourte de Lunain. Et Yuko a encore bien d’autres rêves qu’elle souhaite faire partager. Parmi eux, celui d’un Centre culturel mêlant création, tradition et éducation. Il s'appelera Piano no ki (l’arbre à piano en japonais). Il ressemblera à 3 manguiers côte à côte : c’est Satoru Nakamura son ami architecte qui l’a vu ainsi.
La Yourte de Lunain où Yuko organise des concerts, des lectures de conte ou des soirées japonaises.
Pour en savoir plus sur Yuko Hirota et ses prestations : http://pianonoki.free.fr |
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N° 9
Automne 2009 ![]() ![]() ![]() ![]() ![]()
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Ma photo préférée Le Chef Yves Camdeborde, portrait ![]()
Pour Gérard la rencontre de cet univers et surtout de ces hommes a été une véritable révélation : "...J’ai une grande admiration pour les chefs cuisiniers que je considère comme des artistes. Leur quotidien est harassant, leurs horaires dignes d’une autre époque. Leur travail est au croisement de deux quêtes : une maîtrise technique irréprochable et une créativité de génie. Dans l’art, ce qui correspond pour moi le mieux à ce mélange de créativité et de maîtrise est à mon avis la peinture flamande du XVIIème siècle. Rembrandt, en particulier, m’a inspiré pour réaliser cette série de portraits. Souvent Rabelaisiens, les chefs sont parfois irascibles et toujours préoccupés par un intérêt supérieur : les sens. Pour moi ce sont des hommes d’exception dépositaires d’un savoir à la fois commun et secret. Chamanes d’une ère où les cultures s’influencent, ils font vivre notre patrimoine culturel au prix d’un engagement personnel considérable..." Pour la prise de vue avec Yves Camdebode, Gérard a dû l'attendre trois heures et faire la photo en 5 mn. Mais avec un tel modèle, cela a suffi. Et cette photo se distingue dans la série de portraits. Elle s'impose car il en impose. Gérard aime le portrait. Parce qu'on est en prise avec l'Autre. Dans chaque rencontre il y a des éléments qui se font au-delà du langage. Qui passent dans une gestuelle, un niveau de tension, d'attention. Gérard pense que sa photo est réussie quand il y retrouve l'émotion qu'il a eue dans la rencontre. Pour la deuxième photo préférée, il faut remonter à plus longtemps. Gérard est encore un môme. L'anecdocte est savoureuse : "...J'ai rencontré la photographie à l'âge de 12 ans. J'ai tout de suite énormément aimé cet outil. J'ai réalisé à cette époque une photo à laquelle j'ai souvent repensé par la suite.
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Photographe indépendant depuis 10 ans, Gérard Cambon axe son travail sur le portrait. Il est aujourd’hui plus proche de l’univers de la haute gastronomie et tire régulièrement le portrait de célébrités ou de grands chefs pour les revues Gault Millau, Figures, Le Chef, et les Éditions Déclic ou les Agences Opale et Sipa Press. |
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Petit mystère de la Nature Nectarine or not nectarine, that is the question! ![]()
C’est depuis l’Asie que la pêche a gagné l’Occident, au cours des siècles. Elle devait atteindre d’abord la Perse (d’où son appellation «Prunus persica»), puis l’Arabie, la Mésopotamie et l’Egypte. Connue des Romains, elle mit plusieurs siècles à se faire apprécier chez nous. En effet, au Moyen Age, on considérait que la pêche était un poison pour l'estomac. C’est à partir du XVIème siècle que sa culture s’intensifia. La diversité au sein de l’espèce pêcher est très grande : dans le jardin fruitier du roi Soleil à Versailles il existait une quarantaine de variétés différentes. Au Conservatoire botanique national méditerranéen de Porquerolles (Var), la collection française comprend 160 génotypes composés essentiellement d’anciennes variétés d’origine française.
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Malheureusement, dans les années 80 et 90, en raison de l’utilisation de variétés sélectionnées uniquement sur des critères agronomiques de productivité, non seulement nous avons abandonné la culture d’une grande partie des variétés mais la qualité gustative des pêches, notamment celles à chair jaune, s’est considérablement détériorée. Pour s’y retrouver parmi celles qui nous restent, il faut considérer essentiellement 4 caractéristiques physiques, à savoir : 1- la peau généralement duveteuse, 2- la couleur apparente de la peau et de la chair du fruit qui peut être blanche, jaune ou sanguine 3- l’adhérence de la chair au noyau, 4- la forme du fruit généralement arrondie mais pouvant étre également aplatie. À partir de ces éléments, on peut distinguer :- les pêches classiques à peau généralement duveteuse, à noyau adhérant ou non, et dont la chair peut être jaune, blanche ou sanguine. - les « nouvelles pêches », qui sont en fait issues du croisement pêcher prunier (et non pêcher abricotier). Ces fruits ont la peau lisse des prunes et une chair adhérente (pour le brugnon) ou se détachant facilement (pour la nectarine). - les pêches plates d’origine chinoise. ![]()
Nous attendons avec impatience le retour de variétés oubliées et d'une culture et d'une cueillette plus raisonnées pour pouvoir de nouveau manger des pêches avec un vrai goût... de pêche.
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Mot & merveilles Les anges
![]() Les anges Illustration d'Élodie Maravelle, graphiste parisienne (avec l'accent du Sud) qui a eu envie de mettre du rouge car les anges c'est coquin aussi, non ?
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Silver Spring, 26 juin 2009
(extrait)
Maman, qui était une femme de foi, croyait à nos anges gardiens. Elle leur demandait des services et, à son témoignage, ils les lui rendaient ! Pourtant, bien qu’il soit beaucoup question d’anges dans la bible, j’avais, je l’avoue, succombé à un certain agnosticisme sur ce plan. Cela a résulté en partie d’une foi monothéiste tendant à renvoyer tout le surnaturel vers Dieu : les écrits les plus anciens de la bible racontent des rencontres avec Dieu. Plus tard, les juifs, saisis par la transcendance de l’Eternel, ont pensé : « nul ne peut voir Dieu sans mourir ». De ce fait, dans les écrits tardifs il n’est plus question de rencontres avec Dieu, mais seulement avec des anges. Un regard théologique moderne critique tend à faire re-disparaître les anges en tant qu’êtres personnels pour n’y voir que des « manifestations » de Dieu. Il y a eu aussi chez moi, il faut bien le dire, l’effet de l’ambiance matérialiste moderne où les adultes ne croient pas plus aux anges qu’au père Noël. C’est ainsi que j’avais entendu parler d’un livre où il était question d’apparitions d’anges au XXe siècle, et que je n’y avais pas attaché d’importance. Jusqu’au jour, l’an dernier, où un de mes frères, dans un courriel, m’a dit incidemment l’importance de ce livre à ses yeux. Je l’ai acheté et depuis c’est pour moi un livre de chevet, de ceux que l’on absorbe à petites doses. Les événements se sont déroulés en Hongrie de juin 1943 à novembre 1944. Pendant 17 mois, une fois par semaine, des anges ont dialogué chaque semaine avec quatre jeunes gens qui n’avaient pas eu d’éducation religieuse en tant que telle. Trois furent déportés en tant que juifs et n’en revinrent pas. La survivante, Gitta Mallasz, qui était graphiste de métier, vint habiter en France en 1960, s’y maria et y mena une vie recluse à la campagne. Elle qui ne connaissait que le hongrois et l’allemand s’était mise au français et s’était attelée à la tâche laborieuse de traduire en français les notes prises sur le vif. Tout cela restait confidentiel, jusqu’au jour où Claude Mettra, journaliste à France Inter, eut vent de l’existence des carnets. Il invita Gitta à son émission, le 22 avril 1976. Dès le lendemain, la station de radio reçut un déluge de lettres d’auditeurs fascinés. Pour Gitta, ce fut un signe que le temps était venu d’une publication. Aubier-Montaigne accepta immédiatement de publier le manuscrit sous le titre « Dialogues avec l’ange ». Le livre est aujourd’hui publié dans une bonne douzaine de langues et a fait l’objet d’une réédition enrichie de notes en français. L’écho à ce livre, de par le monde, ne fait que croître. Il est salué pour son importance spirituelle par des gens comme le violoniste Yehudi Minuhin. Qu’est-ce qu’ils racontent les anges, quand ils parlent ? Ce sont des paroles qui invitent à un développement spirituel, faut-il dire un éveil, comme les bouddhistes, ou une conversion, un retournement comme les évangiles ? Impossible de faire une synthétise en quelques lignes, là où il a fallu 17 mois aux anges pour susciter l’éveil chez ces quatre jeunes gens. Je prends quand même le risque de citer quelques phrases, dans l’espoir de donner envie aux lecteurs de faire eux-mêmes leur propre cheminement en lisant … et relisant le livre.
L’éternité n’est pas éternelle répétition Mais l’éternellement neuf.
Avec la lumière et la force qui viennent, Il n’y aura plus de temples, plus d’églises : Tout sera temple et église.
De Dieu seul vous pouvez recevoir À tous les autres, donnez ! Vous recevrez tout ce dont vous avez besoin.
Si vous avez la foi, Vous pouvez marcher non seulement sur l’eau, Mais encore sur le néant, sur le vide obscur. N’ayez pas peur, faites seulement attention à une chose : Ne vous penchez pas pour vous appuyer ! Ce qui vous semble votre plus sûr appui Deviendra le vide obscur Ne vous accrochez pas à un appui, Autrement vous deviendriez vous-mêmes le vide obscur
Il n’est nul besoin de repentants et d’ascètes Ils ne sont pas chers au divin.
Le monde créé et le monde créant, Entre eux : l’abîme. …Vous êtes le pont Le pont n’est pas le souhait mais la foi… Est-ce que l’argent peut apporter la délivrance ? Le sacrifice, la générosité, les bonnes intentions Ou la philanthropie peuvent-ils apporter la délivrance ? Tout cela tombe dans le puits sans fond.
Qu’est-ce que la liberté ? Servir ! Si vous servez, vous être unis avec le divin Et vous êtes libre !
P.S. Les dialogues ont eu lieu en hongrois. Je ne dispose pas de la traduction française et ai donc pris le risque de retraduire à partir du texte anglais.
Michel Valois, né en 1938, a été prêtre-ouvrier, économiste et directeur de cabinet, avant de créer une petite entreprise qui a fait faillite et l'a conduit, après des tâtonnements, à se réinventer traducteur. Une douzaine de livres traduits depuis. Il s'est installé aux Etats-Unis à 60 ans, il y a onze ans, avec son épouse qui ne trouvait plus de travail en France. Il y sert une nouvelle clientèle composée notamment d'institutions internationales. |
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Cuisine imaginaire Giôza japonais au fromage
![]() La mini boutique Manekineko de Montmartre
Nous montons ensuite dans son atelier où elle donne des cours autour de la culture japonaise, notamment des cours de cuisine depuis 2005. L'atelier pour les cours et les nappes rigolotes Les ingrédients pour les giôza au fromage :
![]() 2. Y ajouter une pincée de sel 3. Couper des petits dés ou tranches de fromage ![]() Tomoko coupe le fromage; nous avons du choix ! 5. Plier la feuille selon la méthode photographiée ci-dessous (1à 3) en mouillant le pourtour avec le doigt ainsi que les parties à faire adhérer. ![]() Pliage des giôza
S'il reste des feuilles, les déchirer à la main en lamelles et les faire frire : cela fait des chips extras ! ![]() Les chips de pâte à giôza ![]() 7. Servez aussitôt, c'est un régal ! Tomoko a préféré celui à l'Emmenthal, moi celui au Bleu.
Pour en savoir plus sur les cours de cuisine de Tomoko
www.bonjourparis.jp (rubrique espace japonais) Tomoko Nakayasu |

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