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Petit mystère de la Nature

On l’a certainement appris à l’école. Ou par un grand-parent plus patient que les autres. Mais on a un peu oublié.

Et on s’est senti trop grand pour oser demander de nous l’expliquer encore une fois.
Nous avons décidé de prendre notre courage à deux mains pour reposer la question et savoir enfin. Une bonne fois pour toutes.

Un bon bailleur peut-il en faire bailler 10 ?

 

Seizième petit mystère :
“le bâillement”

J’avais prévu un article sur les olives et devais vous concocter un reportage photo sur la récolte chez Colette dans l’arrière-pays de Marseille. Mais dans le Sud, cela ne se passe pas souvent comme on l’avait prévu…

En remplacement, je vais essayer de ne pas vous ennuyer avec cet article sur le bâillement.

Impossible à réfréner. L’homme bâille en général cinq à dix fois par jour. Soit environ 250 000 fois au cours de sa vie. Il commence à bâiller dès la troisième semaine de gestation ; avec une fréquence accrue au réveil et chez le nourrisson.

Qu’est-ce que le bâillement ?

Une longue inspiration suivie d’un arrêt respiratoire bref, puis d’une courte expiration, qui peut s’accompagner d’une stimulation des glandes lacrymales, le tout durant entre cinq et dix secondes. Il peut être associé à un étirement musculaire (diaphragme, muscles du cou et de la face). L’association entre étirement et bâillement se nomme pandiculation.

La plupart des vertébrés bâillent : poissons, oiseaux, reptiles, mammifères… sauf la girafe.

 

Le grand bâilleur, Jean-Jacques Lequeu (1757-1824)
Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie.

 

Le bâillement serait déclenché par le manque de sommeil, les tâches répétitives, l’ennui, la faim ou encore l’anxiété. Il semblerait aussi que chez les rongeurs et les singes, les mâles bâillent plus que les femelles, et chez les macaques, les mâles dominants bâillent plus que les autres mâles.

 

Cette personne suivie, à la fin du XIXe siècle, par le neurologue Jean Martin Charcot, de l’Hôpital de La Salpêtrière, à Paris, bâillait toutes les huit secondes environ. Ses bâillements provenaient sans doute d’une tumeur cérébrale qui comprimait et déréglait des zones neuronales impliquées dans le bâillement.

 

On parle de contagion, mais le terme de réplication comportementale serait plus adéquat. Alors que le bâillement est commun à toutes les espèces animales, la contagion est une spécificité des singes et des primates. Le bâilleur n’éprouve aucun désir de faire bâiller les autres, et le spectateur n’a pas envie de bâiller, mais il se met à bâiller malgré lui, si son état de vigilance est bas ; en revanche, s’il est concentré sur une tâche, il échappe à la contagion.

La contagion du bâillement permettrait une synchronisation de l’état de vigilance entre individus, qualifiée d’empathie instinctive involontaire, probablement apparue tardivement au cours de l’évolution des hominidés. Plus quelqu’un a une personnalité empathique, plus elle est sensible à la contagion du bâillement alors que ceux qui décodent difficilement les émotions des autres n’y sont pas sensibles. Cette capacité à entrer en résonance avec des affects inconscients repose sur une communication implicite, dont les mécanismes neurobiologiques commencent à être élucidés.

 

Le vendeur de pastèques (photo Reuters pour Le Monde).

 

Pour plus d’infos, voir le site d’Olivier Walusinski, médecin, spécialiste du bâillement :
www.baillement.com

Cet article est tir du numro 16 du webzine https://www.lesmotsdesanges.com/V2 imagin par 4ine et ses invits
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