WEBZINE N° 11
Été 2010
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Mot & merveilles

Un mot plutôt qu’un autre. Pourquoi un mot nous parle-t-il plus qu’un autre ? Pourquoi nous interpelle-t-il ?
Est-ce sa musicalité, son sens ou son histoire qui nous le font préférer à tous les autres ?

Deux invité(e)s se prêtent au jeu, l’un(e) pour l’écrire, l’autre pour l’illustrer, mais sans se concerter !

Joie de vivre

 

Aurélia, l’Amie, connue à Monta (pour Montalembert, le lycée où elles étaient en section L), a choisi un mot qui la lie à Alice : joie de vivre. Son texte ressemble à un long poème d’amour. À la fois complainte et chant.

Immensément triste et joyeux. C’est ainsi qu’Aurélia a pu le mieux exprimer ce que représente pour elle la joie de vivre, celle qui lui vient d’Alice. C’est mon amie Catherine qui a illustré le mot, et sans connaître Alice, a réussi à en faire le portrait.

 


 “Joie de vivre” illustré par Catherine Lasnier.

 


Catherine Lasnier

Diplômée de l’École supérieure d’arts graphiques Penninghen, Catherine Lasnier est une touche-à-tout (graphisme, illustration et peinture) généreuse : elle enseigne aux ateliers pour enfants des Arts décoratifs et se tourne de plus en plus vers l’Art Thérapie.

Elle anime actuellement des ateliers d'expression plastique à visées thérapeutiques dans un foyer de vie pour handicapés mentaux.

Que la générosité et le talent soient récompensés !

 

“Joie de vivre”

Légère comme une marguerite est la joie de vivre. Elle se communique facilement et se nourrit de rencontres simples : le bonjour d’un voyageur dans le métro, un “bonne journée” lancé d’une terrasse de café après une conversation brève avec un inconnu.

Elle semble plonger ses racines dans l’idée que nous avons tous, nous autres humains, que nous avons le droit de nous sentir quelquefois aussi élancés et dansants qu’un oiseau.
 La sienne était plus belle que toute autre, plus sincère, plus solide, plus profonde, puisqu’une certaine dose de profondeur liée aux souffrances qui s’abattent sur nous semble irrésistiblement nous tirer vers l’abîme. Sa joie de vivre n’était pas qu’une innocence artificielle, un glissement à la surface lisse et colorée des choses, mais une agilité rayonnante mêlée de foi en la bonté humaine.

Comme tout autre elle avait ses défauts et ses vices mais je pardonnais tout à ce sourire vrai et généreux.



Joie de vivre
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Une ombre fine suffit à la voiler mais ne saurait la dissoudre.
 Joie de vivre : ce qu’elle m’a donné, cette force face aux périls de l’avenir, qui les conjure tous ou les fait avaler, cette douceur exubérante et impalpable, plus précieuse que tous les dons coûteux, comment vais-je pouvoir la conserver maintenant qu’elle n’est plus là pour me rappeler que je la possède moi aussi ?

Joie de vivre.
Qui se manifeste par une certaine égalité d’humeur alors que je sens aujourd’hui l’incohérence lunatique, la colère, l’abattement m’envahir.

Joie de vivre.
Elle n’est pas tout à fait le bonheur, lui qui vient, imprévisible, marcher à nos côtés le temps d’un instant, mais une disposition d’esprit, appui qui se partage dans un sourire. 
Si nous ne parlions jamais de la mort c’est qu’elle aimait trop cette vie pour imaginer qu’elle devrait, un jour, s’en défaire.

Joie de vivre.
Pas tout à fait un sentiment, mais un tropisme qui guide nos jugements, leur ôte cette âcreté, cette amertume cynique, grisâtre, qui dénigre tout, se moque et ridiculise jusqu’aux attentions les plus charmantes. Elle donne aux preuves d’amour une grâce savoureuse.

Et quand le monde sans Elle nous semblera trop cruel, trop injuste ou trop vide, c’est elle, cette petite voix tenace, ce courage doux, bienveillant, parce qu’il nous venait d’Elle, qui nous protégera du désespoir et du charme qu’exerceront sur nous les idées noires et le néant.
 Joie de vivre, amour de la surprise, attention au présent, fleur fragile.

Elle me donna sa puissance. Aujourd’hui je Lui donne ma voix.

 


Aurélia Peyrical

Aurélia Peyrical est en classe préparatoire littéraire. Elle suit donc une formation poussée en diverses matières dont la philosophie, les lettres, l’histoire, l’anglais, etc.

Après avoir voulu pendant un temps être professeur, elle se dirige maintenant plutôt vers l'édition et les métiers de la culture.

Comme tous les khâgneux français, elle espère avant tout pouvoir entrer dans la sacro-sainte École normale supérieure mais elle serait aussi tentée par une formation dans une université anglaise ou québécoise.

Elle écrit depuis plusieurs années des poèmes et nouvelles et travaille actuellement sur un roman. Aurélia se passionne aussi pour la photographie.

En définitive, beaucoup d'envies et de passion liées aux mots et à l'image.

Bonne chance Aurélia.

Cet article est tir du numro 11 du webzine https://www.lesmotsdesanges.com/V2 imagin par 4ine et ses invits
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